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Inauguration du premier institut national de l’Ayurveda

La Fondation mondiale d’Ayurveda (WAF) salue Shri Narendra-Modiji pour l’occasion historique de l’inauguration du premier Institute of Ayurveda indien.

« Que votre geste supprime de nombreux obstacles sur le chemin du progrès de l’Ayurveda – la mère de toutes les sciences de la santé. »

 

 

 

Lors de cette inauguration était présent :

                                                                        

Shripad Yesso Naik Hon’ble Minister for AYUSH, Govt. of India

Vaidya Rajesh Kotecha Secretary, Ministry of AYUSH

Dr Abhimanyu Kumar Director, All India Institute of Ayurveda

En partenariats avec :

L’AYUSH pour la Nouvelle Inde: Vision et stratégie

 

La vision de l’Honorable Premier Ministre pour la «Nouvelle Inde» qui s’efforce d’autonomiser les jeunes, les femmes et les pauvres est en effet louable. La «nouvelle Inde» doit également être une «Inde saine» où ses propres systèmes traditionnels peuvent jouer un rôle important. Ayurveda, Yoga, Naturopathie, Unani, Siddha, Sowa Rigpa, Homéopathie collectivement couvert par le ministère de l’AYUSH, représentent un système pluraliste et intégratif des services de santé. AYUSH peut jouer un rôle important dans la réalisation du rêve de ‘New India’ en fournissant des soins de santé et des soins médicaux de qualité à ses citoyens. À l’heure actuelle, nous assistons à un environnement très réceptif où la valeur des systèmes AYUSH dans les soins de santé est largement reconnue. De nombreuses réformes dans l’administration, les stratégies de recherche, la nature de la pratique et l’éducation sont déjà en cours au ministère d’AYUSH.

La politique nationale de santé (PSN) 2017 a fortement préconisé l’intégration du potentiel d’AYUSH dans un système pluraliste de soins de santé intégratifs. Le PSN 2017 utilise un nouveau langage de «pluralisme médical» et souligne de nouveau la nécessité d’intégrer AYUSH à la mission nationale de santé, à la recherche et à l’éducation. En effet, le NHP 2017 est l’expression politique la plus puissante de la médecine intégrative depuis l’indépendance pour laquelle le ministère de la Santé et de la Famille doit être félicité.

La portée de NHP 2017 dans le contexte de  l’AYUSH est très vaste. Il reconnaît généralement le pluralisme médical comme une réalité en Inde avec un rôle amplifié pour l’AYUSH. Il suggère une intégration en trois dimensions des services de  l’AYUSH. Le PSN 2017 met en évidence des stratégies pour atteindre les objectifs nationaux en matière de santé grâce à des pratiques d’intégration guidées par le protocole. Il souligne l’importance des preuves scientifiques pour la sécurité et l’efficacité des médicaments et des pratiques de  l’AYUSH, et indique la nécessité de renforcer les capacités et la masse critique de professionnels compétents grâce à une éducation et une formation de qualité aux niveaux national et international. Il est crucial pour les parties prenantes d’AYUSH d’élaborer une feuille de route et une stratégie claires pour une mise en œuvre efficace de NHP 2017.

1-Le pluralisme médical

Il est important que les décideurs comprennent clairement les implications plus complètes du pluralisme médical dans l’environnement actuel. Historiquement, la société indienne a accueilli des systèmes de connaissances divers et même étrangers et pluralistes dans ses choix et sa pratique des soins de santé. Cependant, après l’indépendance, même si le gouvernement indien reconnaît légalement sept systèmes différents de soins de santé, le système de gouvernance et de réglementation de la santé est fracturé. Nous n’avons pas conçu de cadre administratif efficace dans l’éducation, la recherche ou les services de santé pour revitaliser le patrimoine pluralisme de l’Inde. Depuis le Comité Bhore en 1946, les politiques nationales préconisent des approches intégratives. Cependant, en réalité, une politique «fragmentée» de pluralisme médical a prévalu. La fragmentation est évidente du fait que sept systèmes – Allopathie, Ayurveda, Yoga, Naturopathie, Unani, Siddha, Sowa Rigpa et Homéopathie (AAYUSH) fonctionnent en silos sous différents ministères, départements et conseils à la fois sous les gouvernements central et d’État. La fragmentation se reflète dans le fait qu’aujourd’hui, il existe différents conseils médicaux pour différents systèmes reconnus de soins de santé sans aucune synergie ni arrangement réglementaire commun. Développer des interfaces efficaces entre les conseils médicaux pourrait être une stratégie importante pour promouvoir le pluralisme. Le Comité interministériel (CID) constitué par le Département de la Recherche en Santé (DHR) du Ministère de la Santé et du Bien-être de la Famille pour identifier de nouveaux systèmes / thérapies médicales viables peut être très utile à cette fin. Cette IDC de haute puissance présidée par le Dr VM Katoch, ancien secrétaire de la DHR, comprend des secrétaires d’AYUSH, de la santé, de l’éducation médicale, des affaires juridiques, du NITI Aayog, du Drug Control General, de l’University Grants Commission, etc. Il est possible qu’IDC encourage les collaborations de différents ministères, départements et conseils à travailler simultanément et harmonieusement pour un développement holistique.

 

L’idée du pluralisme doit commencer par des réformes de l’éducation. Une stratégie à long terme impliquant des changements radicaux dans la formation médicale, la recherche, la pratique clinique, la santé publique et le cadre légal et réglementaire est nécessaire pour innover le système de santé publique de l’Inde et le rendre intégratif et participatif [1]. Cela nécessitera des efforts systématiques pour reconcevoir la formation médicale professionnelle en offrant un seul diplôme commun de premier cycle en médecine à AYUSH en donnant au minimum la formation médicale allopathique requise dans le cadre du programme actuel. En outre, des cours de base sur le pluralisme médical; cours de base axés sur les systèmes AYUSH peuvent être inclus, ainsi que des choix conçus pour encourager la construction de ponts entre les systèmes pluriels. Un tel diplôme commun de premier cycle sera une solution extrêmement innovante pour développer le nombre requis de médecins en médecine familiale et en santé publique. Les spécialisations inter et intra-disciplinaires, et la super-spécialisation pourraient être offertes seulement aux niveaux post-universitaires. Cela peut être un changement révolutionnaire pour assurer la dignité des systèmes AYUSH à égalité avec l’Allopathie, tout en apportant l’harmonie et l’équité requises entre les systèmes pluriels.

L’idée de pluralisme suggère la nécessité d’élaborer un programme de recherche en santé commun, stratégique et ciblé adapté aux besoins nationaux émergents. Aujourd’hui, cinq conseils de recherche distincts élaborent des programmes de recherche indépendants et sans rapport avec les besoins de santé de l’Inde. Les services de santé constituent l’espace public le plus visible pour la démonstration du pluralisme. La conception, la structure et le fonctionnement actuels des services médicaux sont antithétiques à un paradigme pluraliste. Les services allopathiques ont un ministère distinct, un budget beaucoup plus important et un mécanisme administratif. Les services de santé d’AYUSH disposent d’un ministère indépendant, d’un budget minuscule et d’un appareil administratif beaucoup plus réduit; pourtant, leur nombre de personnel médical formé est comparable. Ces deux ministères et leur administration doivent avoir des objectifs communs et une interface formelle. Malgré le statut juridique des systèmes de santé AYUSH, le secteur de l’assurance ne fournit pas une couverture adéquate pour les systèmes AYUSH. Le PSN 2017 conseille la documentation des pratiques de santé communautaires, la revalidation scientifique des remèdes maison et leur diffusion sur les plateformes numériques. En fait, cela peut constituer le quatrième niveau de services de santé non institutionnalisés et peut réduire le fardeau actuel des soins de santé primaires, secondaires et tertiaires.

Le défi pour le ministère de la Santé et le ministère d’AYUSH consiste à élaborer un cadre de mise en œuvre pour l’opérationnalisation du PSN 2017. Les conseils de recherche du DHR, de l’ICMR et de l’AYUSH doivent aligner leur agenda sur le NHP 2017. L’Inde peut prendre le leadership scientifique quand les systèmes de connaissances modernes et traditionnels travaillent ensemble en acceptant et en respectant mutuellement leurs forces respectives.

2-Les Recherches de l’AYUSH pour la Nouvelle Inde

Le Centre de santé complémentaire et intégrative de l’Université Savitribai Phule Pune a organisé un symposium et une consultation nationale pour discuter du rôle de la recherche AYUSH dans la réalisation du rêve de la «Nouvelle Inde». Le symposium a connu une confluence unique d’experts issus des systèmes de connaissances modernes et traditionnels. Le symposium a réuni plus de 100 experts de divers horizons représentant trois générations. Les thèmes clés des consultations nationales comprenaient des discussions intenses sur les PSN 2017 dans le contexte de la recherche, des priorités, du renforcement des capacités, de la santé publique, de la recherche intégrative et de la traduction de l’AYUSH. La séance plénière d’ouverture a été prononcée par deux secrétaires, Dr Soumya Swaminathan, Directrice générale, ICMR et Secrétaire, DHR, Ministère de la Santé et du Bien-être familial, et le Dr Rajesh Kotecha, Secrétaire spécial, Ministère de l’AYUSH, qui ont partagé leur vision et engagement pour la recherche collaborative et l’intégration de l’AYUSH dans la santé publique.

Les deux secrétaires ont insisté sur la recherche, le renforcement des capacités, l’adoption de nouvelles approches, le besoin de preuves scientifiques, les méthodes d’étude appropriées, l’utilisation efficace des technologies de l’information et la valeur de l’approche transdisciplinaire avec le ministère. La résonance entre les pensées exprimées par les autorités des deux ministères est un signe rassurant pour la vision de ‘New India’.

 

Le consensus de la consultation nationale à Pune était que la mise en œuvre de NHP 2017 devrait se faire avec un cadre de soins de santé intégratif. Le potentiel des systèmes AYUSH dans ce cadre devrait être démontré par l’amélioration des indicateurs de santé. Une interface AYUSH avec la science-politique-pratique est nécessaire pour stimuler l’innovation. Les priorités de recherche et les mécanismes de financement devraient être optimisés et alignés sur NHP 2017. Les programmes de formation interdisciplinaire et de développement des ressources humaines devraient viser à produire une masse critique de cliniciens et de chercheurs issus des sciences biomédicales et des systèmes de l’AYUSH. Le besoin de ‘AYUSH Health Observatory’, ‘AYUSH IT Mission’ et ‘Team India’ a été souligné. Le consensus a également indiqué la nécessité d’encourager la recherche de haute qualité, la pratique éthique et l’amélioration de la prestation de services de santé publique. Un livre blanc basé sur le consensus et les recommandations du symposium sera bientôt publié dans J-AIM.

3. Programme d’action NITI Aayog

Alors que cet éditorial est en cours de rédaction, l’Institution nationale pour la transformation de l’Inde communément appelée NITI Aayog a publié sa vision sur trois ans de la stratégie et du programme d’action pour l’Inde. NITI Aayog doit être complimenté pour la préparation et la publication de ce document. C’est une tâche majeure visant à faire participer des experts de diverses disciplines et à rassembler des suggestions pertinentes dans un document complet. Dans un tel processus de consultation, la recherche de contributions de penseurs indiens, d’universitaires, de réformateurs et d’autres parties prenantes reste cruciale. La participation d’experts internationaux, de groupes de pression et de groupes de défense à notre vision nationale, à notre stratégie et à notre plan d’action doit être menée avec soin. La préface du Programme d’action de l’Inde pour NITI stipule à juste titre que «tous les ministères et départements doivent progresser simultanément et harmonieusement pour un développement holistique». Cependant, il est très décevant de noter que cette bonne intention n’a pas été suffisamment prise en compte par le NITI dans ses actions concrètes.

La section santé du Programme d’action met l’accent sur la santé publique et préventive, l’assurance des soins de santé, la réforme des transferts budgétaires du Centre aux États pour de meilleurs résultats de santé, accélérer le développement des ressources humaines et améliorer l’accès aux médicaments. Cependant, l’hybris de l’Allopathie ou de la médecine moderne est palpable dans toute la section.

Le Programme d’action de NITI en Inde n’a pas suffisamment reconnu l’importance de l’intégration du potentiel de santé holistique d’AYUSH. Le secteur AYUSH semble avoir été marginalisé. AYUSH est mentionné par rapport à la nécessité d’augmenter la co-localisation des services AYUSH dans le système de santé publique. Un cours de transition a été proposé pour la formation des infirmières / praticiens AYUSH afin de leur permettre de prescrire des médicaments essentiels. Ces recommandations populaires peuvent compromettre l’identité des systèmes individuels et encourager une culture de la pratique allopathique préférée. À long terme, une telle approche peut être préjudiciable à l’érudition, à la recherche et aux pratiques de soins classiques. Il est étrange que le programme d’action de l’Inde NITI n’ait pas inclus le besoin de cours de bridge AYUSH pour permettre aux praticiens allopathiques de traiter les maladies non transmissibles, où la connaissance de la nutrition et du style de vie est essentielle.

L’autonomisation des infirmières et des praticiens d’AYUSH est certainement importante pour accroître l’efficacité du système de santé publique. Cependant, assimiler les praticiens AYUSH avec les infirmières est hautement inapproprié. Une telle comparaison nie non seulement leur valeur réelle, la dignité et l’efficacité des systèmes qu’ils représentent, mais elle souscrit à l’idée fausse et honteuse selon laquelle les pratiquants de l’AYUSH ne sont qu’une forme de travail bon marché. De plus, pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre, le Programme d’action de l’Inde a recommandé un nouveau cours de trois ans pour la médecine primaire, communautaire et familiale. Auparavant, le groupe d’experts de haut niveau avait suggéré une stratégie similaire pour les prestataires de soins de santé de niveau intermédiaire, ce qui a été critiqué par des experts [2]. Nous estimons que le Programme d’action de la NITI en Inde doit être mieux aligné sur les PSN 2017, de sorte que l’objectif de démonstration du potentiel d’intégration de l’AYUSH puisse être efficacement mis en œuvre dans le meilleur intérêt de tous.

Le NHP 2017 se termine par une note très réaliste indiquant qu’une politique est aussi bonne que sa mise en œuvre. Il prévoit la mise en place d’un cadre de mise en œuvre efficace pour respecter ses engagements politiques. Le Programme d’action triennal de NITI en Inde ne semble pas fournir une feuille de route qui favoriserait le pluralisme de manière efficace selon le potentiel des divers systèmes de connaissances sur les soins de santé. Heureusement, les Ministères et Départements de Santé concernés fonctionnent simultanément et harmonieusement dans un esprit de développement holistique. La coopération accrue entre AYUSH, ICMR et DHR est rassurante. Le NITI, en tant que groupe de réflexion national, doit prendre sérieusement conscience de NHP 2017 et prendre des mesures pour explorer le potentiel de l’intégration de l’AYUSH dans la santé publique.

 

En résumé, l’AYUSH a un rôle majeur à jouer pour rendre la «Nouvelle Inde» plus saine. À cette fin, les décideurs doivent aligner leur vision et leurs stratégies sur l’héritage des connaissances indiennes, les aspirations socioculturelles, la disponibilité de ressources humaines talentueuses et les priorités nationales. Le rêve d’une «nouvelle Inde» plus saine ne peut être atteint que grâce à des efforts de collaboration qui rassemblent la bourse et les actions. Dans les mots de Charaka «Rien n’est impossible pour ceux qui ont de l’érudition, de la réflexion, de la sagesse, de l’attention, de la diligence et de l’action».